L’infarctus du myocarde vu tardivement - Le temps fait-il tout à l’affaire ?
La prise en charge contemporaine des patients présentant un infarctus du myocarde avec sus-décalage du segment ST repose sur une reperfusion coronaire la plus précoce possible, dans le but de limiter la taille de la nécrose myocardique et d’optimiser le pronostic du patient(1). À la fin des années 1970, des travaux réalisés chez l’animal ont démontré que la durée de l’ischémie est un paramètre déterminant de la taille de la nécrose myocardique, qui se constitue depuis l’endocarde et se propage vers l’épicarde proportionnellement à la durée de l’occlusion de l’artère épicardique (« wave front phenomenon »)(2). Néanmoins, la relation entre la durée d’ischémie et la réduction de mortalité associée à la reperfusion coronaire n’est pas linéaire. Le bénéfice de la revascularisation est en effet maximal dans les 2 à 3 premières heures puis diminue de façon importante au-delà(3).
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